F**k off hifi – Sleaford Mods Chubbed Up + – Ipecac IPC 162

cover Sleaford mobsLa musique c’est comme la haute-fidélité. On peut par exemple écouter un quatuor de Schubert sur une platine Verdier à entrainement par fil accompagnée par un ensemble Accuphase à l’épaisse façade finement anodisée. Tout cela est indispensable pour mettre en valeur la transparence sonore d’une paire de Martin Logan… Vous reprendrez bien une coupette de Jacqueson 733 pour accompagner ? Lire la suite

J.S. Bach, Variations Goldberg BWV 988

godbergvariations55Une jeune demoiselle me demandait récemment : « Dis moi oncle Tryphon, c’est quoi la haute-fidélité ? » Bien qu’apparemment naïve, c’est une très bonne question. Il y a  bien sûr dans cette expression un sous-entendu universellement compris : Haute fidélité s’entend dans le sens haute fidélité dans la reproduction des sons.  Mais examinons de plus près ce que recouvre ces mots.

Le Larouse nous donne de reproduction la définition suivante : Action de reproduire un texte, une illustration, des sons : imitation fidèle. On voit tout de suite que cette définition pose deux concepts importants : la notion de modèle, de référence et celui de fidélité. Il ne s’agit donc pas tant de copier un original, au sens où la copie d’un CD ne peut pas être différentiée de l’original, que de retranscrire une expérience sensorielle.  On voit bien la dualité du son, à la fois phénomène physique de variation de pression de l’air mais également perception par un sujet, avec ce que cela implique d’émotion (à proprement parler de subjectivité).  Cette dualité objectif/subjectif dans la notion de reproduction fidèle peut se voir sur une expérience très simple : une restitution même très dégradée  d’une chanson sera immédiatement reconnue par un logiciel comme Shazam, alors que la réinterprétation live qui nous émouvra sera complétement ignorée par le même logiciel. Lire la suite

Big Black – Songs About Fucking – Touch & Go #24

bigblackLa première partie des années 70 a été dans la musique les années de tous les excès. D’abord pour les artistes par une consommation proprement stupéfiante de produits qui l’étaient tout autant. Ensuite par une sophistication dans les productions musicales qui demandent toujours plus de micros, plus de pistes d’enregistrement, plus d’effets et bien sûr des orchestrations qui noient la base basse, guitare, batterie dans des claviers, des orgues, des cuivres et des orchestres symphoniques complets. La haute-fidélité n’est pas épargnée par cette tendance et, là aussi, c’est l’époque du toujours plus: plus de watts, plus d’entrées, plus de correcteurs de tonalité et d’effets en tous genres. Une réaction salutaire s’impose et celle-ci viendra de Grande-Bretagne. D’abord avec le mouvement punk et sa suite qui reviendront aux fondamentaux du rock, de l’énergie pure déversée au travers de formations musicales plus simples à trois ou quatre instruments (1). Lire la suite

La musique numérique commence à 1812 – Telarc DG 10041

1812Introduite à la bourse de New York en janvier 2015 à 21$, l’action de la chaine de restauration rapide « Shake Shack » vaut en mai 2015 92$ soit +340% en quatre mois. Quelle est la recette (au sens propre !) de Shake Shack pour susciter un tel engouement ? Deux tranches de pain entourant un steak haché de bœuf. Rien de bien original direz-vous, on connait des clowns qui font la même chose. Sauf que le pain, est issu de farine bio et le bœuf est garanti sans hormone. Là où l’audiophile prouve sa supériorité sur le commun des mortels, ou à tout le moins sur l’amateur de « junk food », c’est qu’il n’a pas attendu 2015 pour se préoccuper de la santé de ses oreilles. Dès le milieu des années 70, lassé d’une nourriture devenue trop riche, bourrée d’effets et de multipistes, l’amateur de musique se met à la recherche de disques «bio» qu’on appelera  «audiophiles». Comme pour la nourriture bio et équitable qui a vu fleurir nombre de labels et de normes différentes, le media audiophile recouvre bien des aspects différents: Lire la suite

Kitty, Daisy and Lewis – The Third – Sunday Best Recording SBESTLP64

the thirdLa fratrie Durham, deux sœurs (Daisy et Kitty) et leur frère Lewis,  envisagent la musique comme une affaire de famille.  À tel point que les parents, Graeme et Ingrid font aussi partie de l’aventure.  À eux cinq, ils réalisent  entièrement « à la maison » leur musique : ils sont tout à la fois auteurs, compositeurs, interprètes, instrumentistes,  producteurs (1), ingénieurs du son (le vrai métier de Graeme le père).  Ils ont pour cela chez eux une collection complète de matériel vintage, micros, magnétophones, machine à graver… Lire la suite

Hermine – The World On My Plates – Crammed Discs CRAM 019

hermineMême dans la maison la mieux tenue d’un audiophile , il y a deux endroits qui attirent inévitablement la poussière : le dessous des lits et la surface des vinyles. L’audiophile et sa femme de ménage ont donc les mêmes préoccupations ;  ils passent leur vie à combattre la poussière et les salissures. Le manque de temps ne me permet pas de m’étendre longuement sur le lit et le manque de place dans ce blog de se pencher sur les dessous de l’affaire aussi  nous contenterons nous d’examiner le cas des vinyles. Lire la suite

oreloB – Tacet L 207

02071Le stockage d’information sur un support en rotation pose de multiples problèmes dont l’un est lié à la diminution de la longueur de la piste quand on s’approche du centre. Pour gérer ce simple problème géométrique, plusieurs solutions ont été mises en œuvre.

Les disques optiques (CD) utilisent en général une vitesse linéaire constante permettant une densité homogène des informations sur le support. Cela entraine par contre une certaine complexité car il faut avoir une vitesse angulaire variable, asservie plus ou moins directement à l’éloignement de la piste par rapport au centre de rotation. Lire la suite