W. Carlos – Switch-off Bach – Columbia Masterworks – MS 7194

On ne surprendra personne en disant que le streaming a révolutionné la diffusion musicale.
Pour l’auditeur tout d’abord par son aspect pratique indéniable. Les catalogues des grandes plates-formes sont gigantesques. L’auditeur dispose de sa musique préférée où qu’il se trouve, y compris dans sa voiture ou les transports en commun. Le numérique apporte bien des avantages : recherche multicritères, information sur les artistes, paroles… Quant aux artistes, ils peuvent espérer toucher un auditoire plus large. avec des mesures d’audience beaucoup plus précises. On peut espérer une rémunération plus juste que l’opacité de certains organismes comme la Sacem.
Alors tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Pas totalement, car toute médaille a son revers, ou, comme on dit chez les audiophiles, tous les 45t ont leur face B (1). Lire la suite

Menace sur la liberté des pressions

On comprend aisément que la liberté d’expression soit à l’opposé de notre conception de la haute fidélité. En effet, la haute fidélité est par essence la reproduction fidèle de la source, sans interprétation aucune ni analyse, modification ou distorsion de cette source. D’ailleurs, le slogan de firmes emblématiques de l’industrie audiovisuelle, « La voix de son maître », peut être interprété dans ce sens, comme la transmission directe du message original. Théorie vite mise en pratique par une bonne partie des magazines de la presse spécialisée francophone et internationale qui, à l’image de la Pravda, ont retransmis directement le message de leur maître, en l’occurrence les annonceurs. Les bancs d’essai de ces magazines sont donc en général des versions amplifiées et dithyrambiques des dossiers de presse des fabricants, en particulier les plus chers et exotiques.

Malheureusement, le numérique est apparu, et ce n’est pas le grand Michael Fremer qui nous contredira, il n’apporta rien de bon. Cela concerne bien évidemment les sources musicales mais également le domaine éditorial. On a ainsi trouvé des blogueurs et autres Youtubeurs qui, au lieu de transmettre la bonne parole, ont voulu vérifier en pratique les allégations des marques de hi-fi.

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El grande casete : el gravodor Sony EL-7

Notre ami Tintin ne s’est pas contenté de visiter les plus grands pays, l’URSS, les États-Unis ou l’Écosse, mais s’est aventuré dans des contrées plus exotiques comme le territoire des Arumbaya. Comme lui, l’audiophile ne se contente pas de ne s’intéresser qu’au vinyle, CD et cassette mais doit examiner des territoires moins balisés. C’est dans cette direction que nous allons aujourd’hui.

Une des entreprises qui a le plus contribué aux évolutions du marché de l’audiovisuel est sans aucun doute Sony. On lui doit, seul ou en collaboration, un nombre considérable d’innovations : le Compact Disc, le Walkman, le téléviseur Trinitron, le disque Blu-ray…Mais cette réussite exceptionnelle est accompagnée d’un nombre considérable d’échecs. Et si les Betamax, SACD ou encore MiniDisc n’ont pas rencontré le succès espéré, ce n’est rien comparé à la catastrophe industrielle que fut l’ Elcaset.
Sony, et c’est tout à son honneur, est une entreprise d’ingénieurs. À observer le succès de la cassette compacte de l’autre grand innovateur, Philips, ses ingénieurs ont identifié les avantages de ce support d’enregistrement : il est facile à utiliser et protecteur de la fragile bande magnétique. Mais motivés par la qualité sonore, ils sont frustrés par les performances limitées qu’offre un support aussi petit. Lire la suite

Altec 606 : Elle vous en bouche un coin, et même deux

C’est peu dire que l’objet que nous remontons de la cave de Moulinsart aujourd’hui est exceptionnel. Exceptionnel par sa taille, sa rareté et surtout son âge. Cet âge vénérable, plus de 70 ans, mérite bien que l’on aborde le sujet par un aperçu historique. La stéréophonie qui arrive sur le marché en 1958, n’est pas précédée par la monophonie. Tout comme l’expression « vélo musculaire » ne remplace le vélo qu’à l’avènement du vélo à assistance électrique, avant la stéréophonie, il n’y avait que la haute-fidélité. Mais les préoccupations des audiophiles étaient déjà les mêmes que de nos jours : réduction de la distorsion et du bruit, justesse des timbres, respect de la dynamique et étendue de la bande passante…

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Semaine noire

Le XXIe siècle aura vu la déliquescence du marché de la haute fidélité. Le marché de l’électronique de loisir est depuis quelques années mené par deux grands secteurs : l’automobile (secteur lui-même en difficulté) et la mobilité (casque, dongle, enceinte connectée). Beaucoup d’acteurs de l’âge d’or de la hifi ont déjà disparu (Akai, Sansui , Kenwood…) ou ont été absorbés par des grands groupes comme Harman par Samsung. Pour les pures players, la vie est compliquée et on assiste à une partie assassine de  Monopoly.
On a vu récemment la faillite d’Audio Research qui avait été vendu quelques années plus tôt par sa maison mère. Qui ne s’en porte pas beaucoup mieux puisqu’on apprend hier que le groupe McInstosh-Sonus Faber est racheté par Bose. Que la marque créée par Amar Bose spécialisé dans le life-style s’empare d’une des marques les plus emblématiques, à l’origine de la haute-fidélité américaine, et de l’emblème de l’excellence manufacturière italienne, laisse songeur, voire un peu triste. Il semble au travers de cette opération que Bose, dont le marché est grignoté par des acteurs issus des nouvelles technologies – Apple/Beats, Sonos… – veuille renforcer sa branche « automotive » et « luxury goods »

Aujourd’hui, c’est Sound United qui mord la poussière. Le sort d’autres marques emblématiques comme Denon, Marantz et surtout Bowers & Wilkins est en suspens.

En cette semaine noire, mon conseil pour le Black Friday est donc le suivant : achetez tout ce que vous pouvez en audio, l’année prochaine y en aura plus.

Tryphon se met au vert : Altec 604

 

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, dit-on. Aussi, lors d’un article précédent, nous avions déjà débattu de l’exceptionnelle longévité de certains produits audio. Pour réparer un oubli, nous allons poursuivre dans cette voie dans l’étude de ce jour. Et il s’agit d’une sacrée gamelle : 38 cm, 14 kg. La soupe du jour sera servie dans des Altec Lansing 604.

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Le nouveau paradigme

Beaucoup d’audiophiles le déplorent, mais il faut se résoudre à une évidence : la musique enregistrée est et sera sur des supports numériques. Et quand nous parlons de support, il ne s’agit plus maintenant d’objet physique tel que des disques optiques (CD, SACD, DVD-A, Blu-Ray) ni de support magnétique (DAT ou DCC). Les seuls supports qui resteront seront de nébuleux espaces de stockage informatique.

C’est donc tout le secteur de l’audio grand public qui se réinvente avec ce nouveau paradigme. C’est vrai pour le matériel, puisqu’il faut abandonner les tourne-disques haut de gamme et autres lecteurs optiques, pour les constructeurs et fournisseurs de service qui doivent répondre à la demande des consommateurs, mais aussi et je dirais avant tout pour la presse et son nouvel avatar que sont les influenceurs pour créer et diffuser cette nouvelle culture. Lire la suite

Cantique des quantiques

C’est avec regret que nous apprenons que le très grand Jack Bybee de Bybee Technologies LLC a quitté le monde de l’audio pour prendre un poste de chef de produit chez Guerlain.
Son objectif est de faire profiter toutes les femmes de sa maitrise de la science quantique. Son premier produit, la crème Orchidée Impériale Gold Nobile promet de « restaurer la lumière quantique d’une cellule jeune à l’échelle de l’infiniment petit pour amplifier la réjuvénation visible de la peau ». Évidemment, cette haute technologie a un coût auquel les amateurs de câble audio haut de gamme sont habitués : 650 € les 50 ml. Hélas, quelques grincheux y ont trouvé à redire et on a pu lire dans un tweet d’Étienne Klein :  « J’ai d’abord cru à un canular, mais non. J’entends d’ici les cadavres de Schrödinger, Dirac et Heisenberg faisant des rotations dans leur tombe. » M. Klein a ainsi montré sa profonde méconnaissance du sujet : grâce à Jack Bybee et plus généralement à de nombreux accessoires audiophiles, Schrödinger, Dirac et Heisenberg tournent déjà comme des toupies.