Mieux que la quadriphonie : la tryphonie

À l’origine l’audiophile était velu, plutôt petit, bas du front et écoutait des disques en gomme-laque sur un phonographe. Et il s’appelait Lucy.

Le monde était à l’époque fort dangereux et lorsque l’australlaudiophithèque quittait sa grotte pour se rendre à la Fnac acheter des disques, il devait faire attention à échapper aux lions, tigres à dents de sabre, hordes de mammouths et autres prédateurs.

Un homo sapiens précurseur du nom de Darwin, eut alors une idée géniale. Pour survivre dans cet univers impitoyable, l’audiophile primitif devait évoluer. Pas faire évoluer sa chaîne en permanence, ça il savait déjà le faire – et son lointain descendant du XXIe siècle a gardé cette manie – mais évoluer lui-même. Cette évolution allait suivre deux orientations majeures. D’abord pour diminuer le risque de croiser un animal sauvage, l’audiophile inventa Amazon afin de pourvoir acquérir des disques sans quitter le confort et la sécurité de sa caverne. Ensuite, dans le cas où il devait absolument la quitter, l’audiophile développa une ouïe tridimensionnelle particulièrement sensible pour identifier au plus tôt l’approche d’un animal sauvage et forcement féroce. Cette ouïe extraordinairement sensible capable de localiser avec précision  l’origine d’un son dans les trois dimensions malgré seulement deux oreilles est d’ailleurs ce qui différencie l’audiophile des cavernes des l’australopithecus, homo erectus, neanderthalensis et autres sapiens. Lire la suite

La guerre des boutons

À la fin des années 1970, la technologie des tuners est en pleine mutation avec l’apparition de  la synthèse numérique des fréquences en remplacement des bons vieux condensateurs variables actionnés par des ficelles et des poulies. Avec elle arrive la multiplication des possibilités : affichage numérique de la fréquence, présélection des stations… Parallèlement, les diffuseurs ont des projets pour faire de la radio la source haute-fidélité prédominante : quadriphonie (peu pratique à mettre en œuvre sur vinyle),  encodage Dolby pour améliorer le haut du spectre…  Aucun de ces projets n’aboutira et le développement de la technologie FM s’orientera plutôt vers l’usage automobile et la promotion du système RDS. Lire la suite

En aveugle, la hifi s’apprécie au toucher

Malgré l’ouverture des salons parisiens – la salon « Son et Image » vient de se tenir – l’actualité de la haute-fidélité est bien morne. Mais pour le chroniqueur hifi, il est des passages obligés et le compte rendu du salon en est un. Alors donc, qu’avons nous vu dans ce cru 2016 ?

En dehors des démonstrations dans les domaines hors de nos compétences du home cinéma et du gaming(1), bien présents notamment sur l’immense stand Sony,  on avait jamais aussi bien vu la distinction entre les trois grands secteurs de l’audio grand public.

Le premier segment de marché qui est toujours en pleine croissance, depuis maintenant plusieurs années, est celui des casques, amplificateurs dédiés et autres baladeurs. Sa place sur le salon est devenu considérable. On y retrouve pêle-mêle les vieux briscards, Sennheiser, Stax ou encore Beyer, les nouveaux venus, et ils sont pléthore, les impétrants de la 3D comme Smyth realiser. Lire la suite

La pomme de Newton

Dansnewton l’imaginaire collectif, les grandes découvertes, celles qui ont donné lieu à la création d’une branche nouvelle dans les sciences, sont souvent liées à un événement anecdotique. C’est le caractère proprement génial de l’inventeur qui transforme cette expérience somme toute banale en une découverte majeure.  Qui d’autre que Newton aurait découvert la gravité en faisant la sieste sous un pommier ? Qui d’autre qu’Henri Becquerel aurait osé justifier  auprès de sa femme Louise la présence de photos dénudées de la jeune top modèle polonaise Marie Sklodowska sur son smartphone par l’exposition inopportune  de celui-ci aux sels d’uranium (1)  ? Lire la suite

Les vertus de l’entraînement

training

Un audiophile à l’entraînement. On lit sur son visage la concentration nécessaire pour identifier le son diffusé par le casque.

On a déjà vu comment l’audiophile, tel un athlète de haut niveau, se doit d’avoir une hygiène alimentaire parfaite.
Mail il ne faut pas pour autant délaisser l’entraînement. C’est au prix d’un effort quotidien que l’homme (ou la femme) ordinaire se forgera le physique avantageux qui outre des abdominaux en tablette de chocolat, donne cette merveilleuse teinte dorée aux oreilles. Et comme tout sportif de haut niveau, l’audiophile a besoin d’un coach pour gérer son planning d’entrainement et lui prodiguer conseil et encouragement.  Malheureusement, tous les audiophiles ne vivent pas à côté d’un auditorium dont les avenants revendeurs sont à sa disposition pour lui ouvrir les portes de leur salle d’écoute et lui donner des conseils désintéressés. Lire la suite

Sex, Drugs, Rock’n’Roll and Vintage Gear

bureauLe progrès technologique agit considérablement sur nos habitudes de consommation. Quand ces progrès apportent un avantage pour l’utilisateur, le retour en arrière est difficile. Par exemple, il est pénible, voire masochiste, de regarder un programme audiovisuel sur une vieille télévision de 60 cm de diagonale dont la définition de 768×576 pixels fait pâle figure devant les 3840×2160 pixels qui s’étalent sur les 160cm de  diagonale d’un téléviseur moderne. Sans parler du supplice visuel et auditif de la cassette VHS comparée à un blu-ray ou à NetFlix. Mais dans le domaine de l’audio, a-t-on vu de tels progrès ? Sans doute pas et on peut éprouver un grand plaisir à l’écoute d’un vinyle sur une bonne chaîne des années 60 ou 70. Lire la suite

Câble secteur: Don’t mess with my mojo baby, Yeah

Sur le long chemin de la haute-fidélité vers la perfection sonore, il est quelques découvertes qui ont durablement marqué l’histoire. On pense bien sûr à l’invention du haut-parleur électrodynamique par Rice et Kellogg, du transistor par Bardeen, Schockley et Brattain ou encore à la mise en œuvre du codage PCM sur disque optique par Phillips et Sony. Mais nul ne doute que la découverte la plus importante est celle de l’influence des câbles secteur par Bruce Richardson. Incompris à ses débuts, les revendeurs se moquant de cette prétendue « magie noire », Richardson appela son entreprise de fabrication de câbles « Voodoo ». Lire la suite