L’escadre de l’Atlantique : Cabasse Sampan 303 M2

Dans nos explorations des enceintes acoustiques, nous avons ces derniers temps examiné des produits plutôt originaux (Rehdeko, Bertagni…). Il est temps de revenir au classicisme.
Les objets que nous allons remonter de la cave sont des morceaux de l’histoire de la haute fidélité à la française. Certes ce n’est pas le plus beau morceau, nous réservons cela pour plus tard, mais c’est un bon exemple de ce que pouvait proposer la firme Cabasse dans les années 80, à l’apogée de la marque. Ce sont elles dont on se souvient avec leur face avant à redans et leur impeccable placage de noyer. Les principes de construction sont communs à toute la flottille : enceintes closes, rigidité des membranes et nombre de voies qui grimpe avec le niveau dans la gamme.
Celles que nous allons faire revivre sont des Sampan 303 M2, dans le ventre mou de la gamme des trois voies Cabasse. Ce positionnement dans la hiérarchie en fera une mal aimée, à la fois trop chère et pas assez élégante. Comme nous aIlons le voir, la gamme Cabasse est en effet un peu redondante et trop peu différentiée. Lire la suite

Choisir en haute-fidélité : Quatre recettes de bons mariages dont un enterrement

L’intérieur de l’église Saint-Altec du Bon Son

S’il est un sujet que doit affronter le chroniqueur hifi, et quelquefois l’amateur éclairé, c’est la question du choix du matériel haute-fidélité. Sous prétexte de votre prétendue connaissance du domaine, un lecteur, un proche ou même une simple relation, vous demandera un conseil ou un avis. Non qu’il faille d’ailleurs s’attendre à ce qu’on tienne le moindre compte de cet avis. Bien évidemment, cela ne concerne pas le lecteur attentif de Tryphonblog qui sait trouver dans nos chroniques suffisamment d’éléments pour l’orienter dans ses choix.

Mais il n’est pas inutile de faire un point sur le sujet, ne serait-ce que pour aider ces mêmes lecteurs fidèles à répondre eux-mêmes aux sollicitations. Nous allons donc dans la suite de cet article donner les meilleures méthodes pour choisir tout ou partie de sa chaîne haute-fidélité. Nous détaillerons ces méthodes en commençant par la plus efficace et donc notre préférée pour finir par celle dont la mise en œuvre est fastidieuse et donne des résultats pour le moins aléatoires. Lire la suite

La faille spatio-temporelle : The Space Cadets – Crash Landed – Tombstone Records TOMB-TEN 305

Lucien en première partie de The Space Cadets

J’étais récemment à Angoulême pour une sorte de convention autour de la bande dessinée. Certes ce sujet est bien loin de mes préoccupations quotidiennes mais la position de personne publique entraîne certaines obligations qu’il est difficile de refuser. Les stands de Casterman et de Fluide Glacial n’était pas très éloignés l’un de l’autre et c’est à l’occasion d’une séance de signature que j’ai fait la connaissance de Lucien Lebrac.
Nos éditeurs respectifs ayant réservé des chambres dans le même hôtel, nous nous retrouvâmes au bar et rapidement en vînmes à parler de musique et de reproduction musicale. Ce fût pour moi l’occasion de découvrir le groupe britannique The Space Cadets. En effet Lucien avec Ricky Banlieue et ses Riverains eurent l’occasion de se produire en première partie des Space Cadets lors d’un concert à Ris-Orangis. Concert au cours duquel Lucien et Richard furent fort impressionnés par la fidélité de ce groupe au rockabilly original.
C’est aujourd’hui l’occasion pour nous de partager cette découverte avec l’album Crash Landed. Lire la suite

Le gaufrier à moustaches : Technics SL10

Où est Charlie – en l’occurrence la SL10 ?

À la fin des années 70 on assiste à un tournant dans le monde de la haute-fidélité. Le Japon semble avoir définitivement gagné la guerre commerciale et a fait de la hifi un produit de consommation de masse. Ce n’est plus seulement un marché de passionnés et pour être acceptés dans tous les foyers, les appareils doivent se faire plus petits et plus pratiques. On assiste à un déferlement de modèles mini chez tous les constructeurs, Technics, Toshiba et Uher en tête.
Le vinyle reste le principal media de diffusion de la musique mais il est sérieusement concurrencé par la cassette. Cette dernière offre une robustesse et une praticité qui séduit de plus en plus de consommateurs.
Sur le plan technologique, les microprocesseurs commencent à envahir les appareils et permettent d’étendre les fonctionnalités et les automatismes. Lire la suite

Avec Bang & Olufsen, c’est déja Noël

Quatre ans après la réintroduction par Panasonic de la SL1200, une autre marque de Hifi relance une de ses platines mythiques des années 70. Et cela vient de là où on ne l’attendait pas : Bang & Olufsen.
Le retour en force du vinyle, accompagné il faut le dire d’un brin de nostalgie même chez ceux qui sont trop jeunes pour avoir connu l’âge d’or du 33 tours, conduit donc une firme surtout connue de nos jours pour ses produits lifestyle à revenir sur un des plus iconiques des tourne-disques jamais produits : la Beogram 4000.
On ne reviendra pas sur les qualités audio de l’objet. Mais, par ses innovations comme l’automatisme, le bras tangentiel ou les touches sensitives et surtout par la pureté de son design, la Beogram 4000 (et autres 4002…) est un objet qui marque l’histoire de l’audio. Un peu à la manière d’une Citroën DS quand elle fut lancée sur le marché automobile dans les années 50.

On pourra s’inquiéter que le marché audio en soit réduit à reproduire ce qui existait il y a 50 ans, voir par exemple la gamme d’amplificateurs Yamaha. Mais en attendant quel plaisir de revoir et de retoucher ces appareils fantastiques.

Plus d’informations sur le site de Bang & Olufsen.

Un si grand amour

Comme son étymologie l’indique, l’audiophilie est l’amour du beau son. Elle est surtout dans son acceptation la plus courante celui de ses artefacts, amplificateurs, enceintes et bien sûr platines et autres câbles. Quand il s’agit de produits haut de gamme, cet amour pourra sembler évident et on comprend facilement l’attachement de l’audiophile aux  enceintes Infinity IRS Serie V, au préamplificateur Audio Research SP10 ou autre Thöress.

Mais le véritable amour se révélera dans l’attachement aux appareils audio les plus simples, les plus humbles ou à ceux flétris par l’usage et le poids des ans. Et quelle plus grande preuve d’amour que celle qui nous est donnée par le célèbre youtubeur Mr.Electricity ? Dans la vidéo ci-dessous on le voit se lancer dans la restauration d’une (pas une paire stéréo, non une seule) enceinte des plus basiques dont le cas semble désespéré. Au fur et à mesure de cette entreprise on découvre à quel point cette enceinte est quelconque : ébénisterie approximative, esthétique vulgaire. Tout est faux dans cette enceinte : absence d’amortissement interne, bass-reflex où les évents sont de simples trous non accordés… Lire la suite

Un bijou pour écouter le rock à la radio – B&O 900k

Comme il n’y a pas que la haute-fidélité dans la vie, nous allons nous intéresser aujourd’hui à un autre domaine de l’audio à savoir la radio. Longtemps le poste de radio a été la principale source sonore de la maison conjointement avec l’électrophone. Le poste de radio est alors un objet assez encombrant pour permettre le refroidissement de son électronique à tubes. En contrepartie, les modèles les plus luxueux permettent aux ébénistes de s’en donner à cœur joie pour agrémenter l’apparence de ces gros engins. Cette radio a un son plutôt médiocre mais les disques 78t de l’époque ne sont guère meilleurs. Au début des années 50, les phonogrammes s’améliorent avec le microsillon sur vinyle mais la  radio n’est pas en reste grâce à la modulation de fréquence. Lire la suite

Faites de la musique : Teac entre en (quatre) pistes.

En ces temps où n’importe quel adolescent boutonneux peut se créer un home studio en deux coups d’ordinateur et de logiciels libres, il faut se souvenir qu’à une époque pas si lointaine, tout cela était beaucoup plus compliqué.

Conflit de génération

Alors qu’au début des années 60 l’enregistreur de studio est une machine à deux ou trois pistes, deux inventions majeures vont permettre tout au long de la décennie d’augmenter progressivement ce nombre de pistes. D’abord la transistorisation des électroniques rend celles-ci plus compactes et plus silencieuses. Puis l’invention par Ray Dolby du système de réduction de bruit Dolby A permet d’utiliser des pistes magnétiques moins larges tout en préservant le rapport signal sur bruit. Sous l’impulsion d’Ampex et de 3M, les magnétophones de studio passent ainsi à huit puis seize pistes vers la fin de la décennie. Profitant de ces avancées technologiques, les productions de studio deviennent de plus en plus sophistiquées avec des  musiciens et des producteurs comme Brian Wilson, George Martin, Alan Parsons…. Lire la suite

Bertagni et les picaros : Tryphon tombe dans le panneau

Les panneaux Bertagni sont-ils si mauvais ?

On se souvient qu’au début des années 1970, je me rendis en Amérique du Sud avec quelques amis. Ce voyage fut conté sur un mode un peu romanesque par notre biographe officiel Georges Rémi (1). Il y explique comment Archibald et moi-même tombons dans le panneau du piège tendu par le général Tapioca. C’est vrai de plus d’une manière et c’est ce que nous allons voir ici. En effet, ce que ne raconte pas Hergé, c’est qu’en l’absence de vol direct entre Bruxelles et Las Dopicos, nous fîmes escale à Buenos Aires. J’en profitai pour rendre visite à un de mes vieux amis le Dr José Bertagni, spécialiste reconnu de génie électrique à l’université de Buenos Aires. Également passionné de hifi, nous passâmes une  longue soirée à parler de notre sujet favori, tout en buvant du Fernet. Lire la suite