Mieux que la quadriphonie : la tryphonie

À l’origine l’audiophile était velu, plutôt petit, bas du front et écoutait des disques en gomme-laque sur un phonographe. Et il s’appelait Lucy.

Le monde était à l’époque fort dangereux et lorsque l’australlaudiophithèque quittait sa grotte pour se rendre à la Fnac acheter des disques, il devait faire attention à échapper aux lions, tigres à dents de sabre, hordes de mammouths et autres prédateurs.

Un homo sapiens précurseur du nom de Darwin, eut alors une idée géniale. Pour survivre dans cet univers impitoyable, l’audiophile primitif devait évoluer. Pas faire évoluer sa chaîne en permanence, ça il savait déjà le faire – et son lointain descendant du XXIe siècle a gardé cette manie – mais évoluer lui-même. Cette évolution allait suivre deux orientations majeures. D’abord pour diminuer le risque de croiser un animal sauvage, l’audiophile inventa Amazon afin de pourvoir acquérir des disques sans quitter le confort et la sécurité de sa caverne. Ensuite, dans le cas où il devait absolument la quitter, l’audiophile développa une ouïe tridimensionnelle particulièrement sensible pour identifier au plus tôt l’approche d’un animal sauvage et forcement féroce. Cette ouïe extraordinairement sensible capable de localiser avec précision  l’origine d’un son dans les trois dimensions malgré seulement deux oreilles est d’ailleurs ce qui différencie l’audiophile des cavernes des l’australopithecus, homo erectus, neanderthalensis et autres sapiens. Lire la suite

Les fabuleuses enceintes Rehdéko.

ondine_g2La réalisation d’enceinte présente un avantage certain pour les fabricants audio. Mettre n’importe quel(s) haut-parleur(s) dans une boîte faite à la va-vite n’empêche pas qu’une fois branchée, un son va en sortir. Avec le même niveau de compétence et de soin accordés à la conception et à la réalisation, le fabricant d’électronique n’obtiendra… rien dans la majorité des cas pour les amplificateurs à transistor, ou une bombe incendiaire dans le pire des cas pour les réalisations à tube. Lire la suite

Le salon du câble 2016

Le week-end du 26 et 27 novembre se tenait le traditionnel salon du câble audio organisé par la revue Haute-fidélité.

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Même si on constate toujours des avancées audibles, il faut quand même déplorer une relative stagnation des progrès technologiques. En effet, la perspective de pourvoir constituer une chaîne hifi uniquement avec des câbles et se passer définitivement des lecteurs, amplificateurs et autres enceintes dans une installation haute-fidélité est encore fort éloignée. Et même si les fabricants et vendeurs de câbles étaient très largement dominant sur ce salon, il restait encore des quelques représentants des électroniques et haut-parleurs, bien qu’effectivement très minoritaires. Lire la suite

La guerre des boutons

À la fin des années 1970, la technologie des tuners est en pleine mutation avec l’apparition de  la synthèse numérique des fréquences en remplacement des bons vieux condensateurs variables actionnés par des ficelles et des poulies. Avec elle arrive la multiplication des possibilités : affichage numérique de la fréquence, présélection des stations… Parallèlement, les diffuseurs ont des projets pour faire de la radio la source haute-fidélité prédominante : quadriphonie (peu pratique à mettre en œuvre sur vinyle),  encodage Dolby pour améliorer le haut du spectre…  Aucun de ces projets n’aboutira et le développement de la technologie FM s’orientera plutôt vers l’usage automobile et la promotion du système RDS. Lire la suite

Make America Great Again

Il n’aura échappé à personne que les États-Unis subissent une grave crise industrielle. Des fleurons de l’industrie audio ont été rachetés par des groupes étrangers. Des marques aussi prestigieuses qu’Audio Research ou McIntosh sont passées sous pavillon japonais, puis italien pour finir dans les affres de la mondialisation financière habillement masquées par un nouveau nom évocateur « McIntosh Group » qui remplace le plus anonyme Fine Sounds Spa. Aujourd’hui c’est Harman International (surtout actif dans l’électronique embarquée auto mais propriétaire des marques JBL, Mark Levinson, Revel…) qui est racheté par Samsung.  En une période où les États-Unis se remettent en question, il est temps pour Tryphonblog d’afficher clairement ses opinions en rendant hommage à un homme né dans les années 40, au caractère fantasque, aux opinions provocatrices et au crâne bizarrement décoré. Un américain fier qui a osé afficher son slogan nationaliste sur les façades les plus rutilantes et prestigieuses. Un slogan qui sonne comme une claque pour les exportateurs asiatiques :

Great American Sound

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La haute-fidélité selon Elon Musk

image1Tout le monde connaît Elon Musk, le fantasque entrepreneur à l’origine du constructeur automobile Tesla.  Qu’on apprécie ou pas le personnage, force est de constater qu’il s’agit d’une véritable réussite. Musk a créé un véritable produit de rupture. Rupture technologique d’abord en offrant le premier véhicule électrique véritablement utilisable. Rupture industrielle en créant de toute pièce un appareil de production en dehors de toute perspective historique dans une filière où les acteurs – en dehors des constructeurs chinois qui se sont bâtis sur des partenariats – sont quasiment tous centenaires. Rupture marketing en créant une image extrêmement valorisante et moderne pour son acheteur et en s’affranchissant presque totalement des infrastructures (distributeurs, garages, pompes à essence) existantes.  Le nom de la marque en lui-même à fait l’objet d’une recherche pour se mettre sous l’ombre tutélaire d’un grand scientifique. Avec de telles qualités, on s’attendrait presque à trouver des Tesla en vente chez Colette. Lire la suite

En aveugle, la hifi s’apprécie au toucher

Malgré l’ouverture des salons parisiens – la salon « Son et Image » vient de se tenir – l’actualité de la haute-fidélité est bien morne. Mais pour le chroniqueur hifi, il est des passages obligés et le compte rendu du salon en est un. Alors donc, qu’avons nous vu dans ce cru 2016 ?

En dehors des démonstrations dans les domaines hors de nos compétences du home cinéma et du gaming(1), bien présents notamment sur l’immense stand Sony,  on avait jamais aussi bien vu la distinction entre les trois grands secteurs de l’audio grand public.

Le premier segment de marché qui est toujours en pleine croissance, depuis maintenant plusieurs années, est celui des casques, amplificateurs dédiés et autres baladeurs. Sa place sur le salon est devenu considérable. On y retrouve pêle-mêle les vieux briscards, Sennheiser, Stax ou encore Beyer, les nouveaux venus, et ils sont pléthore, les impétrants de la 3D comme Smyth realiser. Lire la suite