| Cher Monsieur Tryphon, Permettez-moi de vous écrire pour vous faire part de mon désespoir et vous demander de l’aide. Mon mari souffre depuis quelques années d’une maladie que vous devez bien connaître, un psoriasis emendum audiophilis (PEA). Nous avons consulté de nombreux spécialistes et leurs pronostics sur les espoirs de guérison furent malheureusement très réservés. Je suis très attachée à mon mari et j’ai appris à vivre avec ce handicap. J’ai supporté ses achats compulsifs de matériels audiophiles aussi divers que variés. Bien sûr, j’ai pleuré quand il a dépensé une bonne partie de notre épargne retraite pour recâbler sa chaîne avec des câbles Crystal (des « Reference » et « Absolute dream », je crois). J’ai su m’adapter quand il a envoyé le réfrigérateur aux encombrants sous prétexte que ce dernier parasitait le réseau électrique domestique et dégradait le son. J’ai consolé notre fils lorsque mon mari a vendu sur le bon coin la montre suisse que lui avait offerte son grand-oncle Anatole pour s’acheter un palet presseur Dalby. Mais j’ai supporté tout cela car je l’aime et je sais que cette maladie est grave.Malheureusement, il y a quelques semaines mon mari est tombé sur ce site. Depuis, on peut sans doute dire qu’il est guéri de son PEA. Mais c’est hélas pour tomber dans une profonde dépression. Il n’écoute plus sa chaîne qui lui a (oserais –je dire nous ?) tant coûté. Il reste prostré dans le salon à regarder TF1 et en particulier « Secret story » et « Qui veut gagner des millions ». Il s’accable de reproches pour avoir ruiné notre famille à la recherche de chimère. Certes, le psoriasis emendum audiophilis est une maladie terrible mais la situation actuelle est bien pire. Je ne sais plus quoi faire. J’ai tenté de lui redonner le sourire en achetant à prix d’or un pressage original du Lieutenant Kije chez RCA living stereo. Je lui ai même lu la liste des « Stereophile recommended components » simplement vêtue d’une nuisette transparente, mais tout cela fut sans effet. Je sais aussi qu’il a souvent trouvé dans votre blog un grand réconfort. Il y a découvert qu’il n’était pas le seul et que d’autres sont affectés de cette maladie. Je n’ai plus de solution. Je n’en peux plus. Aidez moi s’il vous plaît monsieur Tryphon. Bien à vous. Mme LXXXXX |
Auteur : Tryphon
Pour l’honneur de la (double) couronne
Une rumeur court les couloirs de la rédaction de tryphonblog. Tryphon s’apprêterait à décerner des moustaches à un lecteur de disque compact.
« C’est une idée vraiment stupide » diront les Dupont lecteurs de Tryphonblog en découvrant cette rumeur.
« Je dirais même plus, c’est vraiment une idée stupide » ajouteront les Dupond lecteurs non moins assidus du même blog.
Une enquête approfondie s’impose donc pour découvrir si un lecteur CD peut mériter une récompense aussi prestigieuse que les Moustaches de Pleksy-Gladz. Cette enquête débute par une brève explication de la technologie numérique. Lire la suite
God Save The Moustache
À la recherche de la platine moustachue – 1ère partie.
On nous pose souvent la question : Quelle fut la platine tourne-disques britannique la plus emblématique et la plus influente de la fin du 20e siècle ? C’est une excellente question car le dernier quart du 20e siècle fut en effet, une période majeure dans l’histoire de la lecture des disques vinyle. Au moment où la transmission par galet devient (bien à tort) obsolète et où Garrard se transforme en l’ombre de lui-même, on assiste outre-manche à une floraison de modèles qui portent bien haut l’étendard de la lutte contre l’entrainement direct japonais d’abord, puis contre le disque compact et mènent au renouveau du vinyle au tournant des années 2000. Lire la suite
Les moustaches de la Pythie
Beaucoup de choses ont été écrites, et beaucoup le seront encore y compris dans Tryphonblog, sur les grands noms de l’électronique haute-fidélité : Bob Carver, James Bongiorno, Bruce Waynewright, Nelson Pass, Dan d’Agostino… Mais il est d’autres acteurs, moins connus mais tout aussi influents dans l’histoire de la haute-fidélité. Notre chronique d’aujourd’hui sera consacrée à un personnage plus discret : Lawrence J Ellison. Lire la suite
Une affaire de câbles
L’article sur les enceintes Pearl & Oakley a relancé bien involontairement une polémique aussi vieille que la haute-fidélité : les appareils audio ont-ils un son « national » ? Sont-ils plus ou moins adaptés à un type de musique particulier ? On se souvient par exemple qu’à une époque les studios avaient tendance à utiliser des JBL 4343 ou 4350 pour réaliser les disques pop-rock alors que pour la musique classique on privilégiait plutôt les enceintes anglaises type B&W 801. Ou encore que les enceintes japonaises étaient supposées avoir un son particulier et inadapté aux oreilles occidentales et qu’il a fallu attendre l’arrivée de la Yamaha NS-1000 pour que cette réputation disparaisse ou au moins s’atténue. Lire la suite
Eih bennek, eih blavek
Plusieurs commentaires nous sont parvenus qui, tout en félicitant Tryphonblog de son approche scientifique rigoureuse, nous demande des articles de vulgarisation permettant aux débutants de s’initier aux arcanes de la haute fidélité.
C’est une excellente idée et quoi de mieux qu’un dictionnaire pour débuter cette démarche. Dans les pages de référence accessibles dans le menu de droite (en bas pour les smartphones et tablettes), nous avons publié une nouvelle rubrique le « dictionnaire syldave », pour que le béotien puisse s’initier au parler audiophile.
Big Black – Songs About Fucking – Touch & Go #24
La première partie des années 70 a été dans la musique les années de tous les excès. D’abord pour les artistes par une consommation proprement stupéfiante de produits qui l’étaient tout autant. Ensuite par une sophistication dans les productions musicales qui demandent toujours plus de micros, plus de pistes d’enregistrement, plus d’effets et bien sûr des orchestrations qui noient la base basse, guitare, batterie dans des claviers, des orgues, des cuivres et des orchestres symphoniques complets. La haute-fidélité n’est pas épargnée par cette tendance et, là aussi, c’est l’époque du toujours plus: plus de watts, plus d’entrées, plus de correcteurs de tonalité et d’effets en tous genres. Une réaction salutaire s’impose et celle-ci viendra de Grande-Bretagne. D’abord avec le mouvement punk et sa suite qui reviendront aux fondamentaux du rock, de l’énergie pure déversée au travers de formations musicales plus simples à trois ou quatre instruments (1). Lire la suite
Pearl & Oakley : la perle de l’Orient
Au premier jour Dieu dit que le Son soit et le Son fut. Dieu entendit que le Son était bon et Dieu sépara le bon Son analogique du son numérique qu’il appela les ténèbres.
Au second jour Dieu dit qu’il y ait une étendue entre les sons. Et Dieu fit l’étendue et sépara les sons au-dessus de l’étendue des sons en dessous. Dieu appela les sons d’en haut Haute-fidélité et les sons d’en bas le bruit.
Au troisième jour, Dieu ordonna aux sons de se regrouper en deux canaux. Dieu appela cela la stéréophonie et dans l’espace vacant Dieu créa l’électronique. Dieu appela l’électronique Amplificateur afin que le son croisse et se multiplie. Et Dieu vit que cela était bon.
Dieu dit qu’il y ait de la musique dans la haute-fidélité pour séparer le jour de la nuit. Et Dieu fit deux musiques. La Grande musique pour présider le jour et le Rock ‘n’ Roll pour présider la nuit. Et il eut le soir un grand concert des Rolling Stones pour achever ce quatrième jour.
Dieu créa la bande magnétique et le disque vinyle. Dieu créa les lecteurs et les platines. Et Dieu les bénit et dit croissez, multipliez-vous et faites de la musique. Et il y eut un concert de musique de chambre et un autre concert des Rolling Stones et ce fut le cinquième jour. Lire la suite
Coming-out (3ème partie)
On a vu dans les deux premières parties de cette série comment l’homo sapiens sapiens se transforme en homo sapiens audiophilus et se lance dans la réalisation d’une chaîne haute fidélité ultime.
Mais il est maintenant temps de procéder à une véritable écoute du système sans compromis décrit dans la deuxième partie.
Système A
Il n’y a rien de particulier à dire sur le système A qui fait appel à des solutions industrielles assez banales et pour tout dire assez ennuyeuses. Lire la suite
La musique numérique commence à 1812 – Telarc DG 10041
Introduite à la bourse de New York en janvier 2015 à 21$, l’action de la chaine de restauration rapide « Shake Shack » vaut en mai 2015 92$ soit +340% en quatre mois. Quelle est la recette (au sens propre !) de Shake Shack pour susciter un tel engouement ? Deux tranches de pain entourant un steak haché de bœuf. Rien de bien original direz-vous, on connait des clowns qui font la même chose. Sauf que le pain, est issu de farine bio et le bœuf est garanti sans hormone. Là où l’audiophile prouve sa supériorité sur le commun des mortels, ou à tout le moins sur l’amateur de « junk food », c’est qu’il n’a pas attendu 2015 pour se préoccuper de la santé de ses oreilles. Dès le milieu des années 70, lassé d’une nourriture devenue trop riche, bourrée d’effets et de multipistes, l’amateur de musique se met à la recherche de disques «bio» qu’on appelera «audiophiles». Comme pour la nourriture bio et équitable qui a vu fleurir nombre de labels et de normes différentes, le media audiophile recouvre bien des aspects différents: Lire la suite
