La mort du romantisme : Benchmark AHB2

Pas de Noël réussi sans un ampli sous le sapin.

Que sont nos jeunes années audiophiles devenues ? Quand la douce lueur orangée des triodes 300B  illuminait nos longues soirées d’écoute. Quand l’austère façade noire des Mark Levinson ML2 était réchauffée par les 1000W de chaleur dissipée par les radiateurs pour seulement 25W de musique. Quand nous suivions avec fascination l’oscillation des aiguilles dans les fenêtres des vu-mètres des amplis Exclusive M6. Quand la délicate lumière bleue-verte des McIntosh donnait à nos auditoriums l’ambiance d’une réunion de société secrète.

Notre époque d’efficacité clinique a inventé de nouveaux paradigmes : l’amplificateur du XXIe siècle est un module industriel en classe D dont l’efficacité énergétique – et acoustique – est le pendant d’un charme proche de celui d’un réfrigérateur. Ils ont pour nom nCore, Ice power , Purifi. Il y a bien sûr quelques vieilles gloires comme Jeff Rowland ou PS audio qui, grâce à la magie de boitiers luxueux – et de quelques zéros sur le prix de vente -, tentent de nous faire croire que le High End à la papa n’est pas mort mais c’est en vain. Surtout que ces marques ont en commun de justifier leur tarifs ridicules par quelques circuits propriétaires dont le principal effet est de massacrer les performances de modules qui à la base sont quasi parfaites.
Bref, choisir de nos jours de la haute-fidélité  est devenu une activité qui présente autant d’intérêt que de choisir un paquet de pâtes dans un supermarché. On y passe en coup de vent sans s’attarder.

Un ampli d’apparence classique mais dans un format compact.

Ce qui n’est peut-être pas plus mal parce que cela laisse du temps pour écouter de la musique.

Mais Tryphonblog ne saurait se complaire dans la nostalgie, et après l’étude de notre Fisher X-202B , il est plus que temps d’affronter la modernité. Nous ne jetterons cependant pas totalement le bébé avec l’eau du bain. L’amplificateur que nous allons déguster aujourd’hui a le bon goût de respecter la riche histoire de la haute-fidélité, de rester en classe AB (1) et d’exhiber de larges radiateurs sur des parois latérales.Il s’agit vous l’aurez reconnu du Benchmark Media AHB2. Évidemment l’ampli Benchmark – il n’y en a qu’un dans la gamme –  fait des concessions à la modernité : l’alimentation est à découpage et il fait appel à des modules standards fournis par THX. Le résultat est que le Benchmark est remarquablement compact. Un espèce d’ampli Bryston en miniature. En dehors de son apparence sympathique, cet ampli semble cocher toutes les autres cases : entrées symétriques, gain ajustable, connectique haut de gamme et surtout performances mesurées de premier ordre (2). Le seul point négatif est la puissance de 100W par canal sur 8Ω qui est peut-être un peu juste pour certaines applications.  En l’absence d’autre option dans la gamme Benchmark on se tournera vers une utilisation bridgée. Heureusement, l’AHB2 est prévu pour cela et il suffira de refaire le câblage et d’actionner un petit interrupteur pour avoir 380W. Sans oublier de rajouter 3500€ pour un deuxième exemplaire.

Compte-tenu du format compact, les connecteurs- entrées XLR, sorties classique et Speakon – occupent toute la face arrière.

On ne dira pas grand-chose de l’utilisation et de l’écoute du Benchmark. Il réalise discrètement la seule fonction attendue d’un ampli : avoir à sa sortie une tension très exactement proportionnelle à celle qu’il reçoit en entrée. On ne demande pas plus. En effet, on atteint une certaine perfection avec cet engin. L’absence de coloration, de bruit et de distorsion rend l’usage totalement transparent.  Pour être plus clair, en dehors de besoin de puissance extrême, il n’y a aucune raison de chercher un autre amplificateur. Ainsi, malgré l’absence de classe A, de tube et malgré un poids de moins de 6kg, nous décernons au Benchmark AHB2 les moustaches de Pleksy-Gladz (3).

Le Benchmark AHB2 sera t’il approuvé par Schrödi, le chat quantique ?

(1) Avec quand même un soupçon des classes G et H pour se rappeler au bon souvenir d’Hitachi

(2) Benchmark triche cependant un peu sur les mesures de bruit et de distorsion : le gain de l’ampli est sensiblement inférieur aux 29dB souvent rencontrés sur les amplificateurs de puissance hi-fi ce qui mécaniquement améliore les choses.

(3) L’AHB2 a bien sûr d’autres trophées dans sa besace : Stereophile Class A recommended components, The Absolute Sound, Positive Feedback…

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