Les vertus de l’entraînement

training

Un audiophile à l’entraînement. On lit sur son visage la concentration nécessaire pour identifier le son diffusé par le casque.

On a déjà vu comment l’audiophile, tel un athlète de haut niveau, se doit d’avoir une hygiène alimentaire parfaite.
Mail il ne faut pas pour autant délaisser l’entraînement. C’est au prix d’un effort quotidien que l’homme (ou la femme) ordinaire se forgera le physique avantageux qui outre des abdominaux en tablette de chocolat, donne cette merveilleuse teinte dorée aux oreilles. Et comme tout sportif de haut niveau, l’audiophile a besoin d’un coach pour gérer son planning d’entrainement et lui prodiguer conseil et encouragement.  Malheureusement, tous les audiophiles ne vivent pas à côté d’un auditorium dont les avenants revendeurs sont à sa disposition pour lui ouvrir les portes de leur salle d’écoute et lui donner des conseils désintéressés.
C’est à eux qu’a pensé le Dr Sean Olive, le très renommé spécialiste de la perception auditive (et par ailleurs responsable de la recherche acoustique chez Harman International). Passionné de cyclisme, le Dr Olive gère ses entraînements avec l’application Strava. Il a alors l’idée de créer une application pour gérer les entraînements des audiophiles. Ce sera le logiciel How to Listen  qu’Harman met à la disposition de la communauté audiophile.

C'est simple : on écoute EQ ou Flat et on choisit sur la courbe la réponse.

C’est simple : Il suffit de comparer EQ à Flat et de choisir la courbe appropriée.

De quoi s’agit-il ? How To Listen est un petit logiciel qui demande à l’auditeur de reconnaître différentes caractéristiques sonores. Au fur et à mesure de ses progrès, l’auditeur accède à des niveaux de plus en plus difficiles. Par exemple, le premier exercice est d’identifier la fréquence d’une égalisation de +6dB. Le premier niveau propose le choix entre deux  fréquences. On imagine, à raison, que c’est un jeu d’enfant. Quand le niveau augmente, le nombre de fréquence et le Q s’accroît, et quand on descend sous l’octave et qu’on mélange pics et creux, le jeu commence sérieusement à se corser.

On écoute EQ ou Flat et on choisit le numéro de la courbe utilisé. Mais c'est moins simple.

On compare EQ à Flat et on choisit la courbe appropriée. Mais c’est moins simple.

Les différents exercices proposés concernent l’égalisation, le bruit, la distorsion, la spatialisation…C’est assez complet et ludique grâce au mécanisme de progression.

Une des principales limitations de How To Listen, dans la version publique et gratuite du moins, réside dans le choix des musiques. Certes bien enregistrée et dans un format adéquat (24bits/96kHz), la sélection musicale proposée ne comprend que quatre morceaux, uniquement de la variété. Autant dire qu’à mesure que la session se prolonge, une certaine lassitude s’installe… Il existe certes un mode « practice » qui permet d’utiliser ses propres morceaux  mais ce mode ne permet pas de valider le niveau atteint et de progresser au niveau suivant. Une autre possibilité est de remplacer les titres fournis par vos propres extraits. Il suffit de substituer  dans le répertoire d’installation du logiciel /howtolisten/programs (sur windows) les fichiers livrés (track1, track2…). par vos propres fichiers portant les même noms.

Dans le choix de ces morceaux, on veillera cependant à prendre des extraits pas trop longs,  moins d’une minute par exemple et couvrant toute la gamme des fréquences audibles (éviter les soli de contrebasse). De même on évitera les morceaux comprenant des passages de silence ou à trop faible volume, certains tests comme la détection de ronflette pouvant être outrageusement facilités.

Un autre point à retenir est que le niveau sonore de restitution rend l’exercice d’autant plus facile qu’il est élevé. Nous ne saurions trop conseiller à l’utilisateur de veiller à avoir un niveau d’amplification parfaitement reproductible afin d’avoir une progression cohérente. Quitte à définir plusieurs profils utilisateurs correspondant à des transducteurs (casques, enceintes) et niveaux sonores différents.

Outre le bénéfice personnel de l’entraînement, How to Listen offre d’autres possibilités. Par exemple, on peut comparer le pouvoir discriminant de plusieurs appareils, par exemples deux paires d’enceintes de monitoring, en fonction des niveaux de jeu qui peuvent être atteints.

Il permet également d’acquérir un vocabulaire commun pour les échanges entre audiophiles. Quand on parle par exemple d’un creux subjectif de -3dB à 10kHz ou le caractère étouffé d’une restitution sonore, l’auditeur aguerri (avec How to Listen) saura exactement à quoi cela correspond.

Enfin, et ce n’est pas le moindre des bénéfices, How to Listen permet de remettre à leur place certaines prétendues « oreilles d’or » et de rendre tout à chacun modeste sur ses propres capacités.

Pour aller plus loin : le blog de Sean Olive et un intéressante interview par  Scott Wilkinson.

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